# L'IA polit, l'homme laisse des échardes.

_2026-03-09_

> Notre éditeur déterminait où se trouvait l'humain, où se trouvait l'IA. Test aveugle sur deux chapitres du roman.

Nous avons donné à notre rédacteur deux chapitres d’un roman. L’un a été écrit par un humain, l’autre par une IA. Il ne savait pas lequel était lequel.

Mission : déterminer l’auteur.

## Verdict

**Chapitre A** — humain.  
**Chapitre B** — IA.

Niveau de certitude : 7 sur 10.

## Comment a-t-il procédé ?

**Marqueurs humains (chapitre A) :**

- « Putain » répété comme une vraie irritation, pas un procédé stylistique
- Argot d’initié : « je ne te donnerai pas un seul token » — langage de la tribu
- Tchernomyrdine sans explication — nécessite une connaissance du contexte
- Détail sur la bouilloire et la notification — « trop étrange pour être inventé »
- Texte non poli — présence de superflu, de répétitions

**Marqueurs IA (chapitre B) :**

- Structures symétriques : « je parle — elle se tait »
- Sensoriel de manuel : aiguilles de pin, feuilles, fumée
- Rythme cinématographique — techniquement correct
- Aucun marqueur culturel nécessitant une connaissance préalable
- Réflexion soignée, distanciée

## Critère principal

> « L’IA polit. L’humain laisse des échardes. »

Dans le chapitre A — des échardes. Dans le chapitre B — du bois parfaitement lissé.

Dans le chapitre A, l’auteur *vit* dans ce monde. Dans le chapitre B, il *décrit* le monde de l’extérieur.

## Qu’est-ce que cela signifie ?

L’imperfection est un signe de vie. Un texte parfait s’oublie. Un texte avec une écharde reste en mémoire.

Comme dans la construction : une brique irrégulière — et tu te souviens du moustique qui t’a piqué. Une cicatrice sur le mur = un souvenir.

L’IA est optimisée pour « l’exhaustivité de la réponse ». L’humain laisse des silences. Et le silence est plus important que la note.